HISTOIRE

La genèse : de la souffrance à la santé
 
De l'inaudible et inavouable souffrance patronale.... à l'absence de données fiables sur la santé des dirigeants de PME. La souffrance patronale est une réalité méconnue et pourtant réelle. Il suffit d'être attentif aux cas de Burn out qui peuvent parfois dégénérer jusqu'aux suicides. Si la souffrance patronale est une réalité, elle est méconnue pour deux raisons :
 
- Les spécialistes de la souffrance au travail considèrent que la souffrance résulte d'un état de domination. Le patron étant le dominant, il ne peut pas souffrir.
- Les dirigeants de PME sont, quant à eux, prisonniers de l'idéologie du leadership qui ne cesse de donner du dirigeant une image narcissique de lui-même. Le dirigeant est un "leader", un "winner", un "gagnant", un "battant"... il ne peut donc pas souffrir.
 
La souffrance patronale est donc inaudible pour les "souffrologues" et inavouable pour les patrons. C'est ce dialogue entre sourds et muets qui explique l'existence d'une zone aveugle que l'observatoire AMAROK cherche à investiguer : la santé des dirigeants de PME.

La question de la santé des dirigeant de PME

"Je n'ai pas le temps d'être malade". Cette phrase nous l'avons entendu des centaines de  fois. Son corollaire est aussi vrai " je tombe malade dès que je suis en vacances".
 
Le dirigeant de PME est en permanence en surcharge mentale. C'est ici que les théories de la spécificité des PME prennent leur importance :
 
La centralisation des pouvoirs, la polyvalence et la polychronie de ses activités quotidiennes donnent au dirigeant de PME un rôle central, bien plus que dans les grands groupes où le dirigeant-salarié est entouré d'un staff.
De plus, l'importance de la proximité et des effets de proxémie amplifient l'impact émotionnel généré par certaines décisions.
 
Le départ d'un salarié peut parfois être très mal vécu par le dirigeant de PME qui vit cela comme une trahison. De même, le licenciement est beaucoup plus traumatisant en PME, pour le licencié comme pour le licencieur alors que dans le cas des grandes entreprises, la division du travail met à distance ceux qui prennent la décision (le conseil d'administration) et ceux qui l'exécutent (les DRH). La division du travail occasionne un effet de la dilution des responsabilités qui induit le syndrome du "responsable mais pas coupable".
 
A l'inverse, la prégnance de la proximité en PME renforce un sentiment de culpabilité. La proximité est un facteur d'inhibition qui rend le management des PME plus humain.

L'équation de la santé entrepreneuriale

La médecine du travail a identifié quatre facteurs pathogènes pour les salariés :
 
- Le stress
- La surcharge de travail
- L'incertitude
- La solitude
 
Comment ne pas voir que les dirigeants de PME cumulent souvent ces 4 facteurs ? Mettent-ils pour autant en danger leur santé ?
 
Non, car il y a des facteurs compensateurs. La psychologie de la santé dans les années 90, a identifié trois facteurs salutogènes (bon pour la santé) :
 
- Le locus of control interne (la maitrise de son destin)
- L'optimisme
- L'endurance ou hardiness (la capacité de rebondir après un échec)
 
Comment ne pas voir que ce sont des valeurs entrepreneuriales ?
 
 
Où penche la balance de la santé entrepreneuriale ? C'est à cette question que l'observatoire AMAROK veut répondre en créant la première étude épidémiologique sur la santé des dirigeants de PME.
 
 

Une société mature est une société qui protège ceux qui la font vivre

AMAROK est un observatoire à vocation scientifique et expérimentale dont le but est l’étude des croyances, des attitudes et des comportements des dirigeants de PME, artisans et commerçants à l’égard de la santé physique et mentale, que ce soit leur propre santé ou celles de leurs salariés.
 
Fondé sur les théories de la spécificité des PME, cet observatoire a aussi comme objectif de concevoir et de proposer des actions concrètes de terrain. La population est prioritairement celle des dirigeants de PME, les commerçants et les artisans. Il pourra être inclus les professions libérales.